mercredi 21 janvier 2009

Pouvoir d'achat: - 46,1% en 1 an

J'ai été heureuse de lire aujourd'hui dans le Monde un article parlant d'une enquête réalisée par une université de Buenos Aires sur l'inflation en Argentine.

Depuis un an, je voyais tous les prix augmenter d'au moins 50%. Exemples:
1) le trajet boulot-dodo en taxi est passé de 12 pesos à 20 pesos (+67%)
2) le prix du déjeuner à la cafétéria du centre commercial: de 12 pesos à 18 pesos (+ 50%)
3) le prix du café du midi à la terrasse de l'hôtel: de 4 pesos à 7 pesos (+75%)
4) le prix du billet d'avion pour aller à Buenos Aires: de 330 pesos à 390 pesos minimum car désormais il faut s'y prendre 2 mois à l'avance au mieu d'1 pour espérer avoir le tarif le moins cher (+18%).

Pourtant l'Indec, l'Institut national de statistiques et de recensement, grand complice de la présidence Kirchner, s'obstine à publier une inflation inférieure à 10%: 7,2% disent-ils en 2008! Tout le monde sait que ces chiffres sont faux mais personne ne sait vraiment dire de combien est l'inflation réelle, d'autant que les augmentations de prix peuvent beaucoup varier selon les produits.

Le rapport de l'université Torcuato Di Tella de Buenos Aires nous a enfin donné un chiffre: 36,1% en 2008! Le gouvernement argentin prend tellement son peuple pour une bande de cons qu'il ose, comme l'écrit le Monde, "négocier avec les syndicats une augmentation salariale de 13,5%". L'indice de construction a également été officiellement réévalué de 14,3% en 2008.

J'ignore les relations du Ministère français de l'Economie avec l'Argentine (Sarkozy serait-il amant de Christina K.?) mais ils ont fait encore plus fort puisqu'ils calculent notre indemnité de volontariat (mon salaire quoi!) sur la base d'une inflation annuelle de 3%. Il semblerait qu'ils aient oublié un zéro! Et, de surcroît, comme il y eut une période en avril-mai où pendant quelques semaines l'euro valait 5 pesos au lieu des habituels 4,5 pesos, le Ministère de l'Economie m'a réduit mon indemnité de 10%, qu'elle n'a pas relevée par la suite bien que l'euro s'est déprécié jusqu'à 4,2 pesos en septembre-octobre.

Résultat: j'ai perdu en moins d'un an 46,1% (36,1 + 10) de pouvoir d'achat! Alors évidemment, pour continuer à voyager au moins un week-end par mois, j'ai dû modifier mon mode de vie. Je ne me rends plus au travail en taxi mais en bus (et vous pouvez imaginer les bus d'Amérique Latine!), ce qui me prend 1h aller, 1h retour au lieu de 20 minutes. Je ne me mange plus à la cafétéria mais je prépare ma "gamelle" (ce qui a l'avantage toutefois de manger moins gras). Et puis bien sûr je passe davantage de week-ends à Cordoba. Bref je vis un peu plus comme une locale!

Conclusion: je dirais que l'inflation contribue à l'intégration et à une vraie expérience de vie à l'étranger. Merci l'Argentine!

lundi 19 janvier 2009

Le Dakar à Cordoba


Comme vous le savez sans doute _ Gérard Holtz a dû suffisamment vous le rabâcher _ le Dakar s'est déroulé cette année en Argentine et au Chili. Et ce week-end, les coureurs passaient par la province de Cordoba. Ils sont arrivés vendredi pour repartir samedi, dès 3h45 apparemment pour les premières motos.
Malheureusement, je n'avais pas de moyen de locomotion pour voir pour la première fois de ma vie le Dakar. Leur bivouac était effectivement installé à une trentaine de kilomètres de la ville de Cordoba. Dommage! Mais bon, je n'ai rien à regretter car même avec une voiture, il n'y avait aucune chance d'apercevoir la course car toutes les routes des alentours avaient été bloquées. C'est ce que m'ont raconté hier les français de ma boite qui avaient posé leur journée de vendredi pour l'occasion. Ils ont passé 3 heures dans les bouchons avant de se voir faire demi-tour au barrage de police. Les boules ...

vendredi 16 janvier 2009

Le Grand Saut

Après avoir recruté, un mois avant mon arrivée, un local au poste que je devais occuper;
Après m’avoir demandé d’être l’œil de Moscou à la maintenance pour en traquer les corrompus;
Après m’avoir demandé de contrôler des factures et de les saisir dans un joli tableau excel (paraît que c’est ma spécialité !) avant d’en faire des photocopies;
Après m’avoir remotivée en me confiant pendant 2 mois une étude de marché à Buenos Aires (enfin un boulot intéressant, avec quelques responsabilités et dans une ville sympa);
Après m’avoir suggéré de terminer mon contrat à Buenos Aires puis de revenir sur leur décision;
Après m’avoir laissé végéter pendant 6 semaines à Córdoba le temps qu’ils me trouvent du boulot
…pour finalement me proposer d’assister jusqu'en juin le directeur des achats (un cramouf planqué, un français de surcroît).

J'ai beau être en Argentine, je ne trouvais plus aucun brin de motivation pour rester à Córdoba, continuer à être trimbalée, comme je le suis depuis le début de ce V.I.E, de service en service à faire des petits boulots qui ne servent quasi à rien. Parce qu'il fallait bien que l’entreprise justifie mon recrutement! Ce que je regrette le plus dans l’histoire est de toujours avoir travaillé pour des français et de ne pas voir eu de poste au sein d’une équipe de locaux. Et l'entreprise n'avait visiblement pas prévu que ça change. Forcément puisqu'il n'y a jamais eu de poste disponible pour moi.
Alors après avoir fait le bilan de cette expérience, pesé le pour et le contre de 4 mois supplémentaires à Córdoba, cette semaine j’ai décidé de tirer ma révérence.

J’ai senti que c’était le bon moment de faire enfin le Grand Saut. Ou plutôt de passer à la seconde étape de mon Grand Saut. Maintenant que j’ai passé le cap de l’étranger et que je parle espagnol couramment, il reste le plus difficile : trouver un job où je puisse enfin m’épanouir. Quelques pistes en vue, rien de précis pour le moment. Un retour probable sur les bancs de l’école. Une certitude : l’international.

C’est une sensation étrange que j’éprouve. Un mélange de tristesse à l'idée de quitter l'Argentine, d’excitation mais aussi d'immense stress face à un trop plein de liberté et de savoir que j'entame une démarche qui sera longue et difficile.

Concrètement, je quitte Córdoba au plus tard le 9 février retrouver mes chers parents à Buenos Aires pour 3 semaines de vadrouille en Argentine. Puis le 3 mars je pars faire ma route du Che pendant 2 mois où je vais voyager au Chili, au Pérou et en Bolivie. L’occasion, en réalisant un de mes rêves, de me retrouver seule face à moi-même et de faire des rencontres. Retour donc en France mi mai pour essayer de chopper la rentrée espagnole de septembre. Si ça fait trop long pour vous ou si vous cherchez une destination pour passer des vacances, je serais heureuse que vous fassiez partie pendant quelques jours de mon « Carnet de voyage ».

Et bien sûr le blog continue!

mardi 13 janvier 2009

Les fêtes de fin d’année en Argentine

Après vous avoir parlé de mon premier de l’an (j’espère vous avoir envoyé un peu de chaleur), je vais vous raconter mon expérience assez insolite des fêtes de fin d’année dans un pays en développement où il fait grand soleil et 40 degrés en décembre.

Noël en Argentine: rien à voir avec tout le marketing qui crée cette ambiance de magie dans les pays nord-américains et européens. Ici, pas de décorations dans les rues, peut-être faute de moyens. Je me demande d'ailleurs: est-ce que ça vaudrait vraiment le coup étant donné qu’il ne fait nuit qu'à 22h? Seuls quelques sapins en plastique décorent les centres commerciaux. Certains magasins en vendent également, avec des guirlandes et des boules rouges, bleues, dorées ou argentées.

Pour nous Européens qui ne sommes pas habitués, on pourrait donc croire que les Argentins accordent peu d’importance à Noël. Etrange pour un pays catholique…Après tout, il ne devait pas faire bien froid non plus il y a 2000 ans à Bethléem.
Contrairement aux apparences, Noël se fête et se fête bien! Déjà, les entreprises n’échappent pas à la traditionnelle soirée de Noël. Mais surtout, il ne se passe pas un jour au mois de décembre sans que des Argentins trinquent ou organisent un barbecue pour fêter la naissance du petit Jésus et la fin de l’année qui vient de s’écouler.

Exemples en images:

Pot au boulot








Asado avec les collègues








Asado avec les expat'












Le jour J, le 24/12, ils profitent de l’après-midi offert par les entreprises pour faire les dernières courses de l’Asado de l’année. Pour ça en revanche, on reconnaît bien le manque de variété gastronomique de ce pays. Même pour Noël ils mangent la viande au barbecue en famille, comme tous les dimanches! A la différence près qu’en plus de la viande, ils achètent aussi de la pyrotechnique. C'est ce que j'ai trouvé le plus spectaculaire, lorsque tous les feux d'artifice sont lancés dans les jardins à partir de minuit. Si tout ne s'est pas encore terminé par une catastrophe, les plus virulents prolongent la soirée en boite jusqu'à l’aube.

Le 31/12 re belote : on prend les mêmes et on recommence !

Beaucoup de fiesta donc, plus qu’en France finalement. Faut dire que cette période coïncide avec la fin de l’année scolaire et le début des vacances d’été. Les Argentins ont besoin d'exprimer l'immense bonheur de pouvoir enfin prendre les deux semaines annuelles de vacances après un an de travail non stop au rythme de 45h par semaine.

samedi 10 janvier 2009

Bonne année 2009 !!!


Je vous envoie d'Argentine tous mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année !!! Santé et bonheur pour vous et vos proches, c'est bien sûr ce que je vous souhaite en priorité. Et que cette année vous apporte tout ce que vous désirez!

Moi en tout cas je suis très optimiste pour 2009, année pleine d'incertitudes et de surprises en ce qui me concerne en tout cas. J'ai ainsi voulu la célébrer de la meilleure façon qu'il soit en Argentine, loin de ma famille et de mes potes. Pour commencer, un réveillon à Buenos Aires: plat de pâtes avec des amis avant de se rendre à une soirée "internationale" sur une terrasse de Palermo Soho. Pas trop d'alcool pour prendre la route le 1er vers la plage de Pinamar, celle où j'avais déjà célébré mon anniversaire. Lorsque nous y sommes allés début décembre, la station balnéaire n'était guère animée malgré le week-end de 3 jours. Elle se préparait tout juste pour la saison estivale. Et oui les Argentins sont encore très loin d'avoir la culture du RTT! Avec Pauline, on voulait donc y retourner pour voir à quoi ressemblait Pinamar en effervescence. Et on n'a pas eu tort!

La plage en été ne manque effectivement pas d'activité. Autant en France, on nous répète qu'il se faut pas s'exposer avant 16h, en Argentine les gens, quelque soit la génération, passent leurs journées entières sur la plage. Le matin ils commencent par choisir leur parador, sorte de bar-restaurant avec des transats que chaque grande marque du pays installe sur la plage. Attention, ce choix est très stratégique car il détermine les potentielles touches de la journée. L'activité principale des Argentins (et Argentines) est en effet le matage, de leur transat ou du bar à cocktails. S'ils n'ont rien vu d'intéressant, ils partent faire du repérage en se baladant au bord de l'eau. Et ils en font des kilomètres, je peux vous le dire! On en a vu des troupes de mecs passer plusieurs fois. Les filles peuvent s'arrêter de temps à temps faire du shopping dans les magasins ambulants. Au fur et à mesure de la journée, les paradors augmentent le son des enceintes pour mettre encore plus d'ambiance, et ce jusqu'à l'aube. Des lits sur la plage sont même prévus pour ceux qui ne voudraient pas rentrer...

Avec Pauline on avait choisi le parador de l'Ufo Point, le plus "in" de la plage de Pinamar recommandé par Smallworld et duquel nous n'avons pas décollé pendant 2 jours, à part pour faire les allers-retours à l'hôtel ou au Sushi club, histoire au passage de papoter avec les 2 plus beaux patrons de la station.
Bref, du pur Bonheur pour bien commencer l'année...

PS: je n'ai pas vu un seul bouquin ni magazine pendant 2 jours. C'est fou la capacité qu'ont les Argentins à s'occuper juste à mater et à chater.